Pierre
Paul RUBENS : Méduse.
Sommaire :
I. Pierre Paul Rubens
II. le mythe de Méduse
III. Analyse de l’œuvre
IV. Rapprochement avec la séquence du
monstre.
I. Pierre Paul
Rubens :
Naît le 28 juin 1577 à Siegen près
de Cologne. Il y passe son enfance avant de revenir sur Anvers après
la mort de son père en 1587. Le jeune enfant rentre à l’école
latine chez Rumaldos où il est marqué par l’empreinte catholique
de l’école et de la société. A 14 ans, il devient page au
service de Marguerite de LaLaing d’Arenberg, comtesse de Ligne.
Rubens choisit alors de devenir peintre
et devient l’élève du peintre paysagiste Tobias Verhaecht, puis
d’Adam Van Noort et d’Otto Van Veen. Il entre en tant que maître
indépendant à la guilde de Saint Luc d’Anvers en 1598.
En 1600, il part pour l’Italie où il
séjourne huit ans. Il entre comme peintre de Cours au service de V.
Gonzague, duc de Mantoue qui le remarque à Venise. Grâce à
celui-ci, il voyage à Rome, Venise et Gènes où il copie avec
passion les œuvres de Titien, Tintoret, Raphaël, Léonard de Vinci
et de Michel-Ange. Grâce à son frère Philippe, il découvre
également les œuvres des frères Carrache et surtout celles de
Caravage qui sont déterminantes dans l’évolution de son style. Il
prend aussi goût à l’art Antique.
En 1603, V. Gonzague le charge d’une
expédition en Espagne en tant qu’accompagnateur d’un convoi
transportant des cadeaux destinés à Philippe III. Plusieurs
tableaux arrivent endommagés. Rubens en profite donc pour les
restaurer et exécute un tableau pour le roi sur le thème de
Démocrite et Héraclite. Il finalise sa formation durant ce voyage
en analysant les peintures espagnols à Madrid. Il réalise le
portrait du duc de Lerma, ministre espagnol : portrait équestre
inspiré du Tintoret et de Titien, références essentielles de sa
première période.
En 1606, Rubens travaille pour l’Église
Santa Maria in Vallicella à Rome et se retrouve en compétition avec
Le Caravage et Pomarancio. C’est lui qui sera choisi pour réaliser
le retable de l’autel. Mais suite à un problème d’exposition,
il réalisera trois autres tableaux sur ardoise, en remplacement. La
structure de cette œuvre inspira Le Bernin par la suite.
Après huit ans en Italie, Rubens
revient à Anvers en 1608 pour prendre soin de sa mère malade.
Malheureusement celle-ci mourra avant son arrivée. Il créé alors
son propre atelier et devient le Peintre de la Cour de l’archiduc
Albert et de l’infante Isabelle. Pui il se marie à Isabelle Brant
avec qui il aura 3 enfants.
On lui commande le triptyque de
l’Érection de la Croix et la Descente de Croix (aux Beaux-Arts de
Lille), qu’il achève en 1614. Pour cette œuvre, il reprend le
principe formel du triptyque de tradition médiévale et en fait un
héritier direct des primitifs flamands, tout en s’inspirant de la
peinture italienne.
Après la mort de son frère Philippe
en 1611, il voyage en Hollande (1612) où il rencontre les humanistes
Grotius, Heinsius et Baudius à Leyde et Goltzius à Haarlem.
La dernière grande commande qu’il
réalise est la décoration du pavillon de chasse des rois espagnols,
près de Madrid.
Rubens meurt le 30 mai 1640, à Anvers.
Inspirateur du baroque nordique, le maître exerce une influence sur
Antoon van Dyck, Jacob Jordaens et Delacroix.
II. Le
mythe de Méduse :
Les
Gorgones sont les filles de deux divinités marines, Phorcys et Céto.
Elles avaient pour nom :
- Sthéno « la Puissante »
- Euryalé « Celle qui voit loin »
- Méduse « La souveraine »
Elles vivaient à
l’extrémité occidentale du monde, au bord de l’Océanos, la mer
qui entourait le monde. Parmi ces trois sœurs, Méduse est la plus
célèbre. D’ailleurs, selon Homère, il n’existait qu’une
seule Gorgone mais le poète Hésiode en mentionne trois.
L’apparence
des Gorgones est véritablement terrifiante. Elles possèdent des
ailes d’or, des mains de bronze, d’énormes canines et une
chevelure de serpents. Elles étaient si horribles que quiconque les
regardait, était immédiatement changé en pierre. Selon certaines
versions, seule Méduse possédait ce pouvoir. Nous avons conservé
l’expression « être médusé ».
Des trois sœurs, elle était
la seule à être mortelle.
Méduse fut tuée par le
héros Persée. Ce dernier est le fils de Zeus et d’une femme,
Danaé. Comme Héraclès, il a accompli de nombreux exploits.
L’un
de ses exploits a été de rapporter la tête de Méduse à
Polydectès qui voulait l’éloigner de sa mère, qu’il
convoitait.
Persée
reçut l’aide d’Athéna. Elle fit don à Persée d’un bouclier
de bronze poli qui faisait office de miroir. Des nymphes lui
donnèrent un casque qui le rendait invisible, une paire de sandales
ailées et un sac pour y mettre la tête de Méduse. Enfin, Hermès
lui donna le sabre magique.
Bien
équipé, Persée put s’approcher de Méduse sans la fixer dans les
yeux grâce au bouclier-miroir. Il lui trancha la tête et l’offrit
à Athéna.
Du
sang de Méduse, enceinte de Poséidon, naquit Pégase, le cheval
ailé et Chrysaor, un autre monstre.
Afin
d’expliquer pourquoi Poséidon avait violé Méduse, le poète
Ovide explique qu’elle avait été autrefois une belle femme.
Séduite
(Violée) dans le sanctuaire d’Athéna, cette dernière, très
irritée, transforma la jeune femme en gorgone.
Toujours est-il qu’Athéna
plaça la tête tranchée de Méduse sur son égide, la peau de
chèvre magique qu’elle portait sur les épaules. La tête lui
servait à pétrifier ses ennemis.
Avant
de l’offrir à Athéna, Persée s’en servit avec succès. Après
avoir tué Méduse, il libère la belle Andromède, enchaînée à un
rocher.
Elle
est sur le point d’être sacrifiée à un monstre marin sur ordre
de Poséidon. Il usera du même stratagème pour se débarrasser de
Polydectès.
III. Analyse de
l’œuvre :
Au vrai nom « Tête
de Méduse » cette peinture à l’huile sur toile peinte par
P. P. Rubens en 1617-1618 a pour thème la mythologie et plus
principalement le mythe de Méduse, l’une des trois Gorgone.
Contrairement à l’œuvre
de Le Caravage, présente au : II. Le Mythe de Méduse, celle-ci
n’a pas un format original car la toile est tenue en format
paysage, dit français, soit un format rectangulaire vertical
symbolisant le calme, la sérénité, le repos et la mort et
caractérisé comme étant « une fenêtre ouverte à travers
laquelle on regarde » par Alberti (peintre, architecte,
philosophe et écrivain du 15ème siècle). Les dimensions
sont de 68,5 x 118 cm se qui ne classent pas ce tableau dans la
catégorie des peintures Historique ou officielle. Son point de vue
est un plan moyen avec une légère plongée.
Le personnage de Méduse
peut s’inscrire dans un triangle (en blanc sur l’image de
l’œuvre) à connotation religieuse (Père, Fils et Saint Esprit
dans la religion chrétienne).
Deux diagonales sont
également présentes (en noir), donnant de l’instabilité au
tableau.
Niveau spatialité, la
toile présente trois dimensions donnant un sentiment de profondeur
et de relief à la scène. La perspective est aérienne ( :
procédé adopté et inventé par Léonard De Vinci au 15ème.
Les contours s’altèrent avec la distance. Les couleurs bleuissent
dans les lointains) symbolisant l’infini et l’au-delà en rappel
à la morte soudaine de Méduse.
Sont présent 3 plans. Le
premier étant un petit bout de végétation, pouvant peut-être
connoté une révélation comme le rideau dans la peinture
« l’Atelier » de Vermeer. Selon moi cela connoterai le
moment où se promenant dans une forêt sombre, on découvre la tête
décapitée de Méduse. Le second plan est donc la tête décapitée
de la Gorgone reposant sur un socle de pierre comme pour donner plus
d’importance au trophée qui est celui de Persée. Le 3ème
et dernier plan représente certainement la suite d’une forêt dans
la pénombre d’une nuit, évoquant l’austérité, les ténèbres,
la mort, le péché et le coté mystérieux d’un monde inconnu ;
l’au-delà. Et encore d’autres symboles.
C’est une toile
réaliste peinte en glacis (fine couche de peinture transparente ou
teintée). La peinture est harmonieuse grâce aux jeux de couleurs
complémentaires, des toniques comme le orange des serpents et le
bleu en arrière plan (Connotant le royaume des cieux, l’infini,
l’amour fidèle, la paix et le calme…), le rouge et le vert des
serpents, de la végétation et du sang. (-> Rouge foncé
symbolisant le danger, la passion, la guerre et les meurtres. Le
rouge est considéré comme étant la couleur pas excellence dans la
peinture.). Ainsi que le blanc du visage et de l’oie contrastant
avec le noir du troisième plan. L’oie est associé au monde
féminin, à la pureté et aux divinités comme Aphrodite (Vénus),
Mars, Eros et Priape, dieu phallique de la fécondité. Et dans
l’Égypte ancienne, l’oie était l’emblème de l’âme du
pharaon.
Le serpent qu’en a lui,
symbolise le féminin et le masculin. Le scorpion (entouré sur
l’œuvre) symbolise une menace mortelle et les puissances
démoniaques comme le serpent également. Le lézard qu’en a lui
connote la mort, la résurrection et une seconde naissance. Il est
aussi associé, dans la Rome antique à la déesse de la guérison,
Salus.
La lumière provient de la gauche et du
visage morbide de Méduse. Un léger clair-obscur est présent,
donnant plus un aspect tragique et théâtral à l’œuvre.
IV.
Rapprochement avec la séquence du monstre :
Comment caractériser cette œuvre et
Méduse comme étant monstrueuse ?
Suite à la biographie du peintre, nous
savons que P. P. Rubens est un peintre baroque flamand et l’analyse
de l’œuvre nous donne quelque élément bien particulier du
baroque en peinture. Mais pour mieux connaître le mouvement baroque,
une définition de ce mouvement artistique se doit d’être faite.
L’art Baroque est un mouvement
artistique naît en Italie à la charnière du XVI et XVIIème
siècles, signifiant irrégularité.
L’Église de la Contre-Réforme
durcit les règles. Les libertés des artistes diminuent. Les corps
se couvrent de nouveau et les sujets religions et mythologique
reviennent. L’architecture du théâtre se développe et beaucoup
de pièces sont écrites. C’est le moment ou le roman apparaît.
C’est un art féminin. Il touche tout les domaines artistiques ;
peinture, architecture, théâtre, musique, sculpture et littérature.
Il se caractérise par l’exagération des mouvements, des courbes
et des contre-courbes, de la surcharge décorative (plus en Espagne),
les effets dramatique et théâtrales, la tension (dans les
mouvements)
En littérature : relation entre
l’être humain et le monde (Humaniste ?). Sur le plan
historique, des multitudes de travaux sont réalisés avec des
artistes comme Corneille, Molière et Descartes. Sur le plan des
constructions civiles, apparition des cabinets (musique -> La
Ruelle), des théâtres, des pavillons de chasse, des hôtels
aristocratiques, des fontaines (même si le principe date de la Grèce
Antique), des appartement d’apparats ainsi que des palais articulés
autour des cours comme le Palais Barberini (Le Bernin et Borromini),
les chapelles, les calvaires, les églises luthériennes, orthodoxes
et anglicanes. En musique, invention de la basse continue et le
développement de l’imprimerie musicale pour les partitions (Maison
Ballard)
Ils symbolisent la modernité d’une
période contrairement au classicisme. L’art Baroque ne pénètre
en France qu’à travers la musique, l’art de la cour, du ballet,
de la comédie et de la tragédie. Mais jamais par la peinture et la
sculpture. Louis XIV jugeant le Baroque Italien pas assez beau pour
la France.
En peinture l’art baroque a pour
thème la passion, les métaphores et allégories. Les cours couverts
de plaies et de saignements. Ainsi que la découverte du clair-obscur
par Le Caravage. Le trompe l’œil est une caractéristique de ce
mouvement.
Pour toute
ces raisons, nous pouvons caractériser cette œuvre comme étant
Baroque et répondant parfaitement à la séquence. Car le monstre ne
nous fascine-t-il pas tout en étant différent des autres ?
Le baroque est un art fascinant,
remplit de découvertes et d’œuvres étonnantes autant que le
monstre lui même n’est-ce pas…
J'adore tout ce qui concerne l'antiquité, j'adore donc ton sujet et ton travail Ophélie! :)
RépondreSupprimerOh trop bien toi aussi tu adores l'Antiquité
SupprimerBravo Ophélie. Ton travail est très bien fait et très accessible. Je ne sais pas si tu continues en ce moment à écrire mais je l'espère.
RépondreSupprimerSuper taff Ophélie, en tant que grand fan de la Méduse je suis heureux de voir des gens avec les memes interets que moi pour la mythologie
RépondreSupprimerLe personnage de Méduse peut s’inscrire dans un triangle (en blanc sur l’image de l’œuvre) à connotation religieuse (Père, Fils et Saint Esprit dans la religion chrétienne).
RépondreSupprimerDeux diagonales sont également présentes (en noir), donnant de l’instabilité au tableau
ils sont ou les trait svp sinn vous avez fait du super boulot